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Le 12 août, le ciel nous prépare une soirée exceptionnelle : direction Compostelle, la bien nommée, pour la vivre

Le 12 août 2026, le ciel nous prépare une soirée exceptionnelle :
direction Compostelle, la ville bien nommée pour la vivre

L’éclipse solaire totale du mercredi 12 août sera visible depuis le chemin de Compostelle ! L’alignement des astres sera parfait au nord de l’Espagne : heureux ceux qui y seront ! Compostelle, à l’étymologie fameuse de « champ de l’étoile », sera l’un des endroits au monde où l’on observera le mieux cette éclipse totale de soleil. Quelques minutes plus tard, la nuit sera celle du pic d’activité des Perséides, avec un maximum estimé à environ 100 étoiles filantes par heure.

L’éclipse solaire du 12 août 2026

Le soleil (une étoile), la Terre (une planète) et la Lune (un satellite naturel) sont tous des astres (des objets célestes). La Lune tourne autour de la Terre et la Terre tourne autour du Soleil. Parfois, la lune passe entre le Soleil et la Terre, elle fait alors de l’ombre sur une partie de la Terre. Cet endroit se retrouve dans l’obscurité en plein jour : c’est l’éclipse solaire.

Il se produit en moyenne deux éclipses par an, mais comme chaque éclipse n’est visible quà certains endroits, on en observe rarement. En France, la dernière remonte à… 1999.

Cette année, le 12 août, l’ombre de la Lune va suivre un chemin ci-dessous. Sur la partie qu’on appelle « la bande de totalité », où il fera complètement nuit entre entre 20h27 et 20h33 environ – l’éclipse sera totale –, se trouve  la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle ainsi que les derniers kilomètres du Camino, offrant aux pèlerins un spectacle rare au coucher du soleil. Spécificité : Le soleil sera très bas sur l’horizon ouest, en particulier dans les zones du nord, ce qui nécessite de trouver un point de vue totalement dégagé (sans montagnes ni bâtiment).

Où aller dans le nord de l’Espagne ?

Des villes comme Ferrol, Oviedo, Burgos auront la plus longue durée de totalité. A Santiago de Compostela : éclipse très avancée autour de 20h28.

  • Sur le Camino Francés, des lieux comme le Col de Perdón, la zone de la Meseta, la Cruz de Ferro, entre Foncebadón et Manjarín, O Cebreiro ou les derniers tronçons galiciens (comme comme le Monte do Gozo, d’où de nombreux pèlerins voient Santiago pour la première fois) peuvent offrir  des conditions de visibilité favorables.
  • Le Camino del Norte longe la côte cantabrique et combine mer, montagne, villages côtiers et paysages verdoyants. En traversant une grande partie de la moitié nord de l’Espagne, il peut également être une option très intéressante.
  • Le Camino Primitivo traverse des zones des Asturies et de Galice, avec des étapes exigeantes, des paysages de montagne et une ambiance plus tranquille que d’autres routes.
  • Enfin le Camino Inglés, qui part de Ferrol ou de La Corogne vers Saint-Jacques-de-Compostelle, est une alternative plus courte mais très intéressante car entièrement en Galice.

Ces extraits de cartes proviennent du site web ÉclipSEOP : une application développée par le Service espace du Laboratoire temps espace de l’Observatoire de Paris.

Compostelle : « le champ de l’étoile », de l’étymologie à la légende… ou inversement

L’étymologie populaire, bien que contestée, pour « Compostelle » – et celle que l’on aimera retenir car assurément plus poétique – serait analysée comme le composé de campo et estrella, littéralement « champ de l’étoile », en latin campus stellae. La légende doit son nom à l’étoile qui aurait guidé vers 813 un ermite aux reliques trouvées dans un champ en Galice (Espagne) et considérées comme celles de Saint Jacques le majeur, alors vénéré depuis le Vllle siècle comme patron de l’Espagne.

Cet ermite nommé Pélage vit, plusieurs nuits de suite, une lumière au-dessus d’un buisson. Guidé par cette étoile, il découvrit un escalier souterrain menant à un tombeau. Il appela l’évêque d’Iria Flavia qui, après trois jours de jeûne et de prières, déclara qu’on était en présence de la sépulture de saint Jacques et fit construire une première église sur le site. Ce lieu devint Compostelle. Dès l’annonce faite, arrivèrent les premiers pèlerins des environs. Dès lors,  la magnifique cité en granit ne cessera d’accueillir des foules entières de « jacquets » arborant une coquille et portant un solide bâton (le bourdon) s’y rendant par dévotion, par vœu, pour obtenir le pardon d’une faute ou demander une guérison. Après quelques siècles de déclin, à pied, à cheval, à vélo, de tous âges et de toutes conditions, arpenteurs de foi ou chercheurs de sens, ils affluent par centaines de milliers chaque année.

Une autre hypothèse concernant l’origine étymologique du nom de « Compostelle » serait que celui-ci dérive de compositum tellus, « terre remuée » d’une tombe ou de compostum, « cimetière ».

La nuit du 12 au 13 août 2026 : le pic d’activité des Perséides

C’est le spectacle céleste le plus attendu de l’été (quand il n’y a pas d’écipse!) : les Perséides atteindront leur maximum d’activité dans la nuit du 12 au 13 août, avec jusqu’à 100 météores par heure. Grâce à la nouvelle Lune, les conditions d’observation s’annoncent particulièrement favorables pour admirer ce rendez-vous incontournable des nuits d’été, à condition que le ciel soit dégagé.

Adrien Thomas, météorologue pour La Chaîne Météo l’explique dans son article :

«  Dans des conditions idéales (ciel dégagé, sans pollution lumineuse et loin des villes), il sera possible d’observer jusqu’à 70 à 100 météores par heure, voire davantage lors de brefs sursauts d’activité. En outre, un observateur verra généralement une étoile filante toutes les une à deux minutes lorsque l’activité sera à son maximum.

Cette pluie d’étoiles filantes est provoquée par la traversée, par la Terre, du nuage de poussières laissé sur son orbite par la comète 109P/Swift-Tuttle. En pénétrant dans l’atmosphère à près de 210 000 km/h, ces minuscules grains de poussière se consument et produisent les traînées lumineuses que nous appelons communément des étoiles filantes.

L’essaim est actif du 17 juillet au 24 août, mais son intensité augmente fortement entre le 10 et le 14 août. Cette année, le maximum d’activité est attendu dans la nuit du 12 au 13 août, une nuit particulièrement favorable grâce à la nouvelle Lune, qui laissera un ciel parfaitement sombre. Les conditions d’observation s’annoncent donc parmi les meilleures de ces dernières années. »

Le 12 août offrira un rare doublé céleste : éclipse solaire puis nuit marquée par le maximum des Perséides… Ultreïa où que vous soyez !

PS : Pour observer ce phénomène sans danger, il est indispensable d’utiliser des lunettes spéciales certifiées ISO 12312-2.